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Les Pas Sages et Sans Destin

"Sans vos gestes, j'ignorerais tout du secret lumineux de votre âme." G. E. Lessing

Catégorie

Planches et Murs, impressions théâtrales

Vendredi 24 juin à 19h30 : HAMLET : AUTO-PSY D’UN FANTÔME

Vendredi 24 juin à 19h30 : HAMLET : AUTO-PSY D’UN FANTÔME

Partage public d’une étape de travail sous forme de performance d’environ 1H15 rue de la Santé dans un lieu tenu secret qui vous sera révélé au 06 20 38 54 72 ou au 06 60 88 53 05 ( Entrée libre sur réservation obligatoire ! )

Une expérience théâtrale et scientifique présentée dans le cadre de L’Académie A.D.N d’Art Dramatique Nomade et des Rendez-Fous de La Santé sous la direction de Laurent Schuh avec Céline Huot, Elé Madell,Hélène Milan, Nathalie Vidaillac et Mark W.Suits aux instruments

S’inspirant de la matière d’Hamlet et explorant ses archétypes, une performance sous forme de conférence psychanalyticopoétique qui révèle les dessous et les signifiants de l’œuvre de Shakespeare. Un voyage au cœur du fantôme dans son ADN comme autant de folie, de mort, de renaissance, de trahison, de pourriture, de poison, de non dits, de luxure, de double, de lieu et de non lieu, de dedans et de dehors, de visible et d’invisible, de conscient et d’inconscient … comme il en existe dans toutes les familles, berceau de tous les conflits et d’exacerbation de pulsions contradictoires. Portrait de famille atemporel ?

En partenariat avec Culture Hôpital
Visuel : Litana Soledad
www.lesartsetmouvants.com/actualites

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Alphabet d’une Odyssée interdite de berges…. au Festival de l’Oh jour 2.

Le Communiqué

https://www.facebook.com/notes/laurent-schuh/censure-communiqu%C3%A9-de-presse-pour-une-odyss%C3%A9e-qui-tombe-%C3%A0-loh-/1119539978073134?pnref=story

Incompréhension jour 2.

De ce qui avait été commis :

image4« Des voyageurs en partance 

…. 

des valises

….

le dit de l’amour 

…. 

des oreilles suspendues 

….

un mur de 19 320 km de séparations

…. » 

Une Marche

Le fait même de se mettre de debout

Le fait même d’avancer

Le fait même de s’écouter

Le fait même de se chercher

Le fait même de savoir qu’il nous fallait donner existence à un Nous

Le fait même d’être ensemble

Le fait même d’être voyageur

Le fait même d’une même direction

Le fait même d’être en partance

Le fait même d’un chant commun portant à avancer vers

Notre cortège était singulier car loin d’être dans une marche unique, nous étions, être(s) singulier(s), attiré(s) par un ailleurs, par l’autre côté de la vitre du Lavomatic, par le monde des vivants, peut-être par Nous?

Etymologie du mot [marche]

Racine germanique marka (« frontière » mais aussi « signe de démarcation de la frontière »)

Description cheminement avec au cœur le souvenir d’une philosophie ancienne alimentant parole et esprit. 

Nous nous regroupions au détour d’un chemin, d’un tournant, d’un mur, d’un bosquet. Parfois assis, parfois couché, parfois perché,
parfois enfoui.

Ainsi, ensemble, la marche fut douce, provoquant regards interrogateurs et suiveurs.

Ce que j’ai vu : un tapis de chaussures, des chaussures esseulées le image2long de la berge, des chaussures regardant l’autre rive, des chaussures prêtes à rejoindre les profondeurs, des chaussures de noyées, chaussures Orphéliennes, bottes de sept lieux, souliers de pas perdus.

Certains abritaient des éventails odorants, quelques effluves pour nez averti auraient pu m’effleurer si le vent s’en était mêlé.

J’y ai vu des draps suspendus, ballotés par  les vents ; des cordes épaisses, marines ; des oreilles prêtes à entendre ; des feuilles arbres ; des cous se tendre pour voir ; un mur, il y faisait froid malgré le rouge de ses lettres. Mes yeux se sont baissés à la rencontre des murs de la honte.

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Nous étions en route,

« 19320 km de murs séparent les peuples

  • mur entre Corée du Nord et Corée du Sud. 248 km. Hauteur 2 à 3 mètres. Barbelés, grillages. 1963.
  • mur entre Israël et Cisjordanie. 680 kilomètres. Béton, Barrière électronique, barbelés. Commencé en 2002.
  • mur souterrain entre L’Égypte et Gaza. 3 kilomètres. 10 km.
  • béton de 20 à 30 mètres dans le sol. En cours depuis 1979.
  • mur de Chypre entre grecs et chypriotes. 180 km. Largeur : 20 mètres à 7 kilomètres. Barbelés, immeubles, sacs de sable,
  • bidons. De 1964 à 1974.

.

.

.

.

. »

Puis le sentier,

Puis ces espaces secrets en attente de nos présences.

Puis les regards et cette force motrice nous attirant vers,

Ces (ori)peaux enfilés  à la hâte, déformant corps et apparences, qui s’alourdissent à chaque pas

Un poème me trottait lancinant en m’interrogeant sur ce qui pousse à l’exode, à l’exode en emportant tout, en s’aidant par le chant par ces phrases intimes à avancer sur tous les chemins, à être ensemble, à …

« La grasse matinée 

Il est terrible

le petit bruit de l’oeuf dur cassé sur un comptoir d’étain

il est terrible ce bruitimage3

quand il remue dans la mémoire de l’homme qui a faim

elle est terrible aussi la tête de l’homme

la tête de l’homme qui a faim

quand il se regarde à six heures du matin

dans la glace du grand magasin

une tête couleur de poussière

ce n’est pas sa tête pourtant qu’il regarde

dans la vitrine de chez Potin

il s’en fout de sa tête l’homme

il n’y pense pas

il songe

il imagine une autre tête

une tête de veau par exemple

avec une sauce de vinaigre

ou une tête de n’importe quoi qui se mange

et il remue doucement la mâchoire

doucement

et il grince des dents doucement

car le monde se paye sa tête

et il ne peut rien contre ce monde

et il compte sur ses doigts un deux trois

un deux trois

cela fait trois jours qu’il n’a pas mangé

et il a beau se répéter depuis trois jours

Ça ne peut pas durer

ça dure

trois jours

trois nuits

sans manger

et derrière ce vitres

ces pâtés ces bouteilles ces conserves

poissons morts protégés par les boîtes

boîtes protégées par les vitres

vitres protégées par les flics

flics protégés par la crainte

que de barricades pour six malheureuses sardines..

Un peu plus loin le bistrot

café-crème et croissants chauds

l’homme titube

et dans l’intérieur de sa tête

un brouillard de mots

un brouillard de mots

sardines à manger

oeuf dur café-crème

café arrosé rhum

café-crème

café-crème

café-crime arrosé sang !…

Un homme très estimé dans son quartier

a été égorgé en plein jour

l’assassin le vagabond lui a volé

deux francs

soit un café arrosé

zéro franc soixante-dix

deux tartines beurrées

et vingt-cinq centimes pour le pourboire du garçon. » Jacques Prévert

Et puis soudain, la clairière, on nous attendait, sourire aux lèvres, soucieux, perplexes, et puis un homme déclamant, déclamant, offrant, souffrant,  pleurant, transpirant, suppliant, des mots d’amour, le dit de …

Qu’ont-ils interdit ici : une marche, un mur, une écoute, le dire, un chant, un sentier à contrecourant, un désir, une douleur, un ensemble, un voyage, des chaussures, une oreille rouge ?

A vous,

Céline Huot

https://soundcloud.com/oelune/el-herbolario-1

Liens d’Actualité

http://france3-regions.francetvinfo.fr/picardie/2015/05/30/une-marche-pour-rendre-hommage-amadou-koume-mort-dans-un-commissariat-de-paris-735379.html

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2015/05/29/face-a-l-exode-des-rohingya-l-asie-du-sud-est-sort-de-l-indifference_4643347_3216.html

http://www.lavoixdunord.fr/region/fourmies-ginette-gouaut-86-ans-veut-faire-revivre-ia12b0n2855322

http://www.lefigaro.fr/international/2015/05/19/01003-20150519ARTFIG00316-le-tragique-exode-deshabitants-de-ramadi-au-kurdistan-irakien.php

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APPEL à COLLECTE CITOYENNE Pour la création de : Ô ! L’ Ôdyssée du XXI° CYCLE Lov’amatic Ur’bain

Les Pas Sages et Sans Destin soutient img_sys_4636:

 

« APPEL à COLLECTE CITOYENNE
Pour la création de :
Ô ! L’ Ôdyssée du XXI° CYCLE
Lov’amatic Ur’bain

Ô ! L’ Ôdyssée du XXI° CYCLE est une création transdisciplinaire artistique, culturelle et festive portée par les Arts et Mouvants qui prend sa source dans l’espace allégorique de laverie automatique ; un Lov’amatic Ur’bain qui s’installera pour la circonstance à l’écluse de Maisons Alfort le temps du Festival de l’Oh ! les 30 et 31 mai 2015.
Un parcours performatif inédit, pluridisciplinaire où les corps, les voix, les sons et les matières composent une partition poétique et politique.
Une Ôdyssée de l’espèce pour nous faire voyager, au gré de ses cycles, à travers ses tissus confrontant les frontières du réel et de l’imaginaire pour les conjuguer et les frotter à l’épreuve de notre actualité.
Lov’amatic Ur’bain mêlera écritures, sons, voix, images, tambours, lumières, formes, mouvements, corps et jeux dans un rapport ludique et intergénérationnel intégrant le public au sein de différents parcours scénographiques.
Un événement spectaculaire interactif qui naviguera entre cirque contemporain, cabaret, œuvre opératique et bal populaire.
Nous avons besoin de vos contributions pour mener à bien cette belle aventure !
Une collecte est lancée où il nous faut réunir :
• Des chaussures en quantité, par paires si possible
• Des gants de type « Mapa » en caoutchouc de toutes les couleurs
• Des vêtements en grande quantité de toutes tailles, tous styles, toutes couleurs
Une grande panière est à votre disposition tous les dimanches à l’entrée du Chêne, Centre de création AlterNatif du Grand Paris* pour se faire.
Les dimanches de la forge de 13h à 22h au Chêne
131 Avenue de Paris 94800 Villejuif – Métro Ligne 7 Villejuif Léo Lagrange – http://www.lechene.odexpo.com/
N’hésitez plus : libérez vos placards et faites don de vos oripeaux à notre Ôdyssée pour faire œuvre ensemble sur les bords de Marne.
Si vous souhaitez participer de l’installation de notre Lôv’amatic Ur’Bain sur le site de l’écluse de maisons Alfort (habillage des arbres, collages sur mur,…) la semaine du 25 au 29 mai, merci de nous joindre au 06 60 88 53 05 ou 06 20 38 54 72 pour vous y inscrire.
Votre plus belle récompense sera d’en voir le résultat les 30 et 31 mai prochain ; vous êtes donc les bienvenus au Festival de l’Oh !
Plus d’information sur http://www.lesartsetmouvants.com/actualites
NB : à l’issue du Festival, les vêtements et chaussures seront offerts à une ou plusieurs associations caritatives »

les pas sages

L’édition pilote LES RENDEZ-FOUS du Roi-René, du 19 AU 28 JUIN 2015

Nous souhaitions vous faire part de cette belle aventure initiée par Saint-Mathurin, Le Roi René, Le Lieu Dit & Les Arts et Mouvants

crédit photo : Patrice Lambert
crédit photo : Patrice Lambert

« RENDEZ-FOUS AVEC VOUS …!
Conférence de presse ouverte au public le lundi 9 mars à 11h30 !

Communiqué de presse :

Saint-Mathurin, Le Roi René, Le Lieu Dit & Les Arts et Mouvants
vous invitent à
LA CONFERENCE DE PRESSE
et présentation d’avant-programme
de l’édition-pilote
LES RENDEZ-FOUS du Roi Re-né

LUNDI 9 MARS A 11H30 Portail de la mairie de Saint-Mathurin sur Loire / 8, Levée du Roi René
Cette conférence de presse sera suivie d’un apéritif déjeunatoire

Répondant à l’urgence de l’Appel du psychanalyste Patrice Lambert,http://www.lesartsetmouvants.com/…/texte_fondateur_rfrr__00… ,
Saint-Mathurin réinvestit son patronat au pied de la lettre et élève Saint-Mathurin sur Loire au rang de « capitale universelle des clowns, des bouffons et fous » pour nous plonger dans LES RENDEZ-FOUS du Roi-René dont l’édition-pilote se tiendra du 19 AU 28 JUIN 2015 !

10 jours de temps fous à vivre des bords de Loire au bord du monde. Un flux festif de rencontres, expériences et découvertes dans un village habité de performances, projections, festins, débats, lectures, installations, concerts, impromptus, cabarets, gestes participatifs et créations interactives où petits et grands conjugueront leurs talents fous au temps présent des Rendez-Fous du Roi Re-né !

Venant de l’Anjou, de toute la France et d’Europe, qu’ils soient célèbres et méconnus, de très nombreux artistes de la scène, de la piste et de la rue, du son, de l’image et de la plastique, psychanalystes, psychiatres et professionnels du soin ainsi que philosophes, chercheurs et écrivains ont déjà répondu positivement à cet Appel.

ET VOUS ? SEREZ-VOUS AUX RENDEZ-FOUS ? EN REVIENDREZ-VOUS ?

Patrice Lambert, initiateur du Lieu Dit & Laurent Schuh, directeur artistique de l’association Les Arts et Mouvants en charge de l’orchestration des RENDEZ-FOUS du Roi Re-né, vous en dévoileront le programme lors cette Conférence de presse qui sera suivie d’un apéritif déjeunatoire.

Merci de bien vouloir PRENDRE SOIN de confirmer ou d’infirmer votre présence auprès de Litana Soledad : 06 20 38 54 72 prod@lesartsetmouvants.com »

Au grand plaisir de vous accueillir ! »

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Billet d’Avignon de Céline Huot Part I – Moi, Dian Fossey – Cie Gérard Vantaggioli – Production Théâtre du Chien Qui Fume

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Crédit photo @Catherine Ferrière Marzio

En Avignon. J’ai vu, j’ai vu et entendu. Des ruelles chaudes. Des rues bondées, blindées et des espaces vides.

Il y eut d’abord Moi, Dian Fossey, comédienne seule mais pas esseulée. Elle se tenait là, devant un arbre, son arbre. Elle nous a parlé, raconté, effleuré et ce fut beau, triste, vibrant avec le laid de la mort et la beauté de la rencontre.

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Belle performance que d’arracher des larmes à des êtres rompus aux souffrances des bêtes et des hommes. Mais, lorsqu’on parvient à nous raconter, même l’espace d’une seconde, l’humanité. Alors, oui, une chose peut se passer, se transmettre, se donner à voir. Représentation réussie.

Ainsi, débuta notre festival. D’autres rues enflammées, chaleur et cigales, cigale et chaleurs. L’on se perd un peu.

Mines déconfites de comédiens en manque de public. Je voudrais tous les voir car : venir là et affronter le théâtre qui a le droit, qui a le droit au financement, qui a le droit au public ou les deux mon capitaine ! Sous et parterre ! Affronter ceux qui ont été reconnus et qui ont monté de grade et, peuvent aller gesticuluer dans les salles « où il faut aller ». Y retrouver le même public qu’à Paris. Les mêmes rires, soupirs, pas pressés. Les regards ennuyés de ne pas te connaître, peux-tu être importante ? Mais, alors qui es-tu?

Affronter tout ça et plus encore. Se ruiner mais ne pas attire. Je salue même si, peut-être, la scène ne serait pas à la hauteur.

En route donc vers d’autres spectres. Car les âmes errantes des montagnes du Rwanda nous ont tenu la main et leur fée dont le crâne a été fendue nous a ouvert la route.
Je repenserai souvent à cette comédienne. Grands yeux, voix habitée, présence simple et pénétrante. Je repenserai à son émotion lors du salut, à cette humilité toute simple que je guette toujours à la fin d’une pièce. Car, grands dieux, quelle déception quand touchée par un texte et les comédiens qui l’ont porté, ceux-ci par un regard t’avoue qu’ils n’en ont cure.

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« Moi, Dian Fossey »
Cie Gérard Vantaggioli – Production Théâtre du Chien Qui Fume

Interprète(s) : Stéphanie Lanier
Auteur : Pierre Tré-Hardy
Mise en scène : Gérard Vantaggioli
Création lumière et régie : Franck Michallet
Vidéo : Jérémy Meysen
Musique : Eric Breton
CREATION 2013 – Production Le Chien Qui Fume

Pour en savoir plus : http://www.chienquifume.com/programmation-chien-qui-fume/moi-dian-fossey.htm

Billet de mauvaise humeur suite au visionnage d’Au bout du conte d’Agnès Jaoui.

« Au bout du conte » ce fut un cinéma un jour de Pâque, au bout du conte ce fut  1h30 agréable.

Un jour de Pâques, place de l’Odéon, après un détour par le quartier Saint Michel, le cinéma Danton m’accueille. Je me réjouis à l’idée de voir le nouveau film de la Sensuelle et maternelle Agnès Jaoui et Mr Bougon obstiné Jean-Pierre Bacri.

Déception.

Oui j’ai passé un bon moment, la fin d’après-midi a glissé gentiment. 1h30 à perdre, minutes envolées dans la superficialité des temps mais,

Ce n’est pas ce que j’attends en ce moment. Merde à la fin. Les temps ne sont pas légers et il faut que ça cogne, il faut dénoncer, revendiquer, gigoter, s’agiter, s’émouvoir, pour reprendre un terme à la mode, s’indigner hein Mr Hessel. Avoir la hargne surtout quand on a encore un peu d’argent pour faire des films.

Marre de la mièvrerie. Ah bon l’amour n’est pas un long fleuve tranquille et il couve son lot de perversion. Quelles nouvelles renversantes Mr Bacri et Mme Jaoui mais pourquoi avec votre intelligence et votre bienveillance et tout ce qui m’avaient tant plus dans le passé vous ne vous êtes pas emparés au moins d’un des maux des temps nouveaux : ce n’est pas ce qui manque.

Je ne veux pas vous voir vieillir, c’est-à-dire vous voir vous déconnecter gentiment mais surement de ce monde dans lequel beaucoup d’entre nous vivent.

Au bout du conte, les jeunes ne sont pas heureux : un point.

Mais, ces jeunes, ils ne sont pas heureux, non pas parce qu’ils se trompent d’amoureux ou entre eux. Ils ne sont plus malheureux parce que leurs parents ne sont pas là où ils les attendent.

Nous avons 19, 20, 25 ans, 30 ans, 35 ans et +, nous avons fait des études, nous avons eu de bons résultats, nous avons été loués et encouragés par nos professeurs : nous travaillons aujourd’hui en étant sous-payés dans des entreprises qui nous infantilisent en nous proposant des pains au chocolat ou du champomy lorsqu’ils ont été un peu trop humiliants avec nous.

Nous sommes au chômage ou nous avons de petits boulots et vivons dans des appartements misérables. Eh non, nous ne pourrons pas nous dire : « c’est pas grave nous sommes étudiant » mais : quand trouverons-nous notre prochain taudis avec au moins une fenêtre acceptable pour éclairer notre misère ?

Nous sommes doctorants de grandes écoles et nous travaillons au Macdo après avoir supplié un petit Rsa, un ptit sous Msieur Dame pour un ptit pain parce que le grand Monsieur là-bas au fond de son bureau de directeur des masters et des obtentions de bourses ou de poste d’attaché temporaire d’enseignement et de recherche ne nous ont  pas jugés assez obséquieux ou « bonnes »  pour mériter notre pain quotidien.

Nous sommes étudiants passionnés et studieux et nous devons renoncer à ce que nous construisons depuis presque 10 ans pour trouver de quoi survivre en demandant pardon pour notre route. Ah bon la voie était belle ? On lui dira.

Nous sommes ouvriers et nous faisons les trois 8 pour que nos jolis et grands patrons qui veulent bien rester en France puissent dormir et bruncher à 12h sur nos misérables petites vies.

Nous nous faisons licencier à tour de bras, on fait des petits feux, c’est populaire mais ne vous y trompés pas, ils sont mortuaires ces feux. Le Chômage nous tuera non parce que nous nous suiciderons mais parce que nous mourrons du manque d’argent et de nourritures saines d’ici 10 ans ou 20 ans.

J’en ai pas finis avec ce nouveau monde ouvrier dans lequel se retrouvent pas ne nous y trompons pas, les partons de pme, les classes moyennes, les déclassés mais j’y reviendrai. N’en doutez pas.

Nous assistons impuissants aux nouveaux racismes de mise, de bon ton, de bon temps qui nous séparent entre nous. Mais merci de ne pas avoir cédé à la tentation du petit reube, du petit black ou chinois ou hindou mais le monde que vous décrivez n’est pas le nôtre. Il s’en fout des problèmes sociétaux il est dans le social, il est dans la merde.

Dites-le nous que c’est parce qu’il est dans la merde et non parce qu’il est musulman qu’il est en colère. Ayez ce courage-là bordel.

Ils sont dans la merde aussi les intermittents, qui dorment dans leurs voitures,  pour lesquels vous vous êtes indignés suite aux propos de notre Jamel national, qui traîne ces ptits dossiers et montre donc ces petites fesses à qui veut bien.

Nous sommes artistes, et non, nous n‘avons pas eu la chance (ou le talent ?) de rentrer dans un conservatoire et nous jouons nos vies, nous la justifions encore et encore. Non, nos débouchés ne déboucherons pas nos parcours et nous ne nous en foutons pas, nous en crevons. Point.

Nous nous bernons entre nous dans des projets associatifs en nous prenant mutuellement  pour des cons parce qu’on a plus de muscles ou de réseaux pour lesquels on se couche parce que hein, c’est comme ça que ça marche.

Nous mourrons d’ennui et de renoncement. Nous mourrons tout court. Le monde tournoie et nous essayons de tourner sur nous-même pour voir où l’horizon nous mènera au bout du conte.

Et encore, nous sommes en Europe, en France, nous n’avons pas de guerre de sang mais nous en avons d’autres au bout du conte.

Pourquoi nous avoir oubliés ? Pourquoi ne pas parler de nous ? Devrions-nous venir pleurer dans vos girons ?

Mais, merci pour le moment, je vous espère bientôt de retour car il y a à dire je vous promets, et non vous n’êtes pas vieImageux sauf si vous le décidez. La vie n’est plus mignonne. Sois vraiment concerné par le peuple ou ferme-là. Wake up.

Céline Huot

Une nouvelle visite de « La vieille et la bête », à la Commune… , Ilka Schönbein, du 30/09 au 08/10

La vieille et la bête, Théâtre de la Commune, Aubervilliers

À mon père
conception

Ilka Schönbein

Theater Meschugge

avec Ilka Schönbein, Alexandra Lupidi musicienne, Simone Decloedt
régie générale et Anja Schimanski régie lumières

 

 

GRANDE SALLE
mardi, mercredi, vendredi et samedi à 20h30
dimanche à 16h
relâche exceptionnelle le jeudi 6 octobre
durée 1h20

Ilka nous invite à danser, dans un mélange de grâce et de noirceur, pour défier et accepter cette espèce de sacrifice qu’est la mort, comme elle se sacrifie elle-même pour donner une âme à ses marionnettes. Comment ressortir de ce spectacle indemne ? « Que reste-t-il après la danse ? Dieu seul le sait »

Ilka Schönbein, c’est le jeu du réel et de l’illusion, de la vision et de l’imaginaire, du corps et de l’âme, du geste et du regard, de la vie et de la mort, de la vie contée dans l’espace scénique, elle parle à notre intimité, à notre imagination, à nos peurs, fantasmes. Ainsi, au Théâtre de la Commune, Centre Dramatique National d’Aubervilliers, entre le mois de novembre et le mois de décembre 2011, juste à quelque pas des froids des contes de Noël, s’est joué « La Vieille et la bête »#, au côté d’Alexandra Lupidi, sa fée musicale italienne, de Simone Decloedt, mangeuse de pommes et Anja Schimanski, l’éclaireuse. Ilka est une prêtresse des contes de fée qu’elle nous rapporte par une manipulation virtuose, enivrante des marionnettes. Ilka Schönbein est allemande, elle y a créé sa propre compagnie le Theater Meschugge, elle cherche à l’instar de son maître Rudolph Steiner, spécialisé dans la danse eurythmique la traduction des histoires dans la matière, « d’abord c’est le marionnette et le corps il faut adapter à la marionnette »#. Le primat du geste sur la parole. Cela implique des sacrifices de donner vie à quelque chose qui ne l’est pas, c’est le marionnettiste Albrecht Roser à Stuttgart qui l’initie à la marionnette. Toute la difficulté de ce théâtre d’objet est de donner confiance au public pour qu’il parvienne à croire que cette chose inanimée est vivante alors qu’il a parfaitement conscience qu’elle ne l’est pas. Le spectateur avec Ilka participe et devient créateur de l’illusion théâtrale.  C’est pour cela que son premier spectacle métamorphose a été conçu pour du théâtre de rue, pour ce lien avec le public.

Ces jours d’automne 2011, Ilka veut nous raconter une histoire qu’elle a / a eu avec la mort, « La vieille et la bête », créé en 2009, est dédicacée à son père musicien qui est mort auparavant. Quatre chemins poétiques nous racontent cette histoire. La jolie petite ballerine qui se voudrait « ballereine », et éclabousser le monde de sa grâce, et qui devient « balleruine » fuyant la mort, la piégeant par des ruses. La mort piégée dans un pommier l’observe et attend son heure. C’est alors cette vieille dame qui ne voulait pas aller en maison de retraite qui se retrouve dans les bras de notre artiste, bercée tendrement, accompagnée. Son corps au service de « la vieille » après l’avoir été de la « bête ». La bête c’est un âne enfanté par une reine ne pouvant avoir d’enfant, cette bête c’est aussi ce corps qui fuit et vieillit « ce n’est pas moi qui suis vieille et moche, c’est lui, l’animal qui s’appelle mon corps ! ». L’âne, c’est aussi cet animal rencontré et qui vit avec Ilka.

Le regard d’Ilka Schonbein est surprenant. Son regard sur le théâtre. Son regard sur le corps qui danse, vit, vibre, tombe, déchoit, se dégrade, tremble. Son regard sur la mort finalement nous fascine par sa virtuosité. Ilka est une virtuose. Elle danse, elle manipule, elle parle de sa voix grave, mais pas vraiment. C’est une voix tourmentée qui s’adresse. Et, puis il y a cette douceur terrible, presque terrifiante, pour ces êtres inanimés que sa liberté créatrice nous rend fragilement vivant. Et, tout a joué en ce lieu, dans une scénographie d’objet, dans une scénographie « corporel » et, musical grâce à Alexandra, nous faisant virevolter de la musique italienne au jazz, d’Ilka a joué avec son corps qui ne se laisse plus tout à fait maîtriser. Elle va à l’encontre du public pendant la représentation, le quatrième mur tombe définitivement, tout joue, elle, vous et eux, ces êtres qu’elle a sculpté dans la matière et dans son âme. Les couleurs sont sombres mais, rien ne s’assombrit en nous au sortir de ce spectacle.
Il y a d’abord cet étrange mélange de grâce et de noirceur, ce cri déchirant de cet ancien corps dansant sans retenue « que reste-t-il après la danse ? Dieu seul le sait » Dieu, c’est la fatalité du corps vieillissant, cet autre qui nous rappelle à notre animalité si humaine. Le si grand traumatisme de ce déchirement entre l’âme et le corps… Question de philosophe : Descartes nous montre que nos sensations peuvent parfois sembler si réelles dans l’atmosphère de coton du rêve. Eh bien Ilka nous emmène rêver sur nos vies et sur notre mort, elle la personnifie et la rend prisonnière en haut d’un arbre. Elle le choisit pommier, arbre fruitier maudit entre tout autre, fruit de la connaissance, elle le fait distribuer allégrement par son acolyte Simone Decloedt. Et, puis Ilka accouche d’elle-même, de sa propre bête. On ne compte plus les moments où l’on ne sait plus si c’est la marionnette qui se meut sur scène ou elle-même. Saisissante frontière instable perméable… D’une joie, on passe à une mélancolie mais, toujours avec le sourire grâce à Alexandra Lupidi, qui par sa luminosité devient notre repère.
On ressort autrement de ce spectacle et grâce à ce duo, on en sort bien, un plus aguerrie face à notre destinée (petit « d »), un peu plus humble aussi.

Plus d’infos :
http://www.theatredelacommune.com/cdn/saison-2011-2012/la-vieille-et-la-bete

criTIC: Gherasim Luca à l’épée de bois, expérience théâtrale de l’extrême.

Ne pas, même pour rire.

absolument estomaquée, pendant 1h sans reprendre mon souffle par l’incroyable débâcle qu’on a fait subir à ce texte. 

Monter du Luca, c’est difficile parce qu’évident. Il a soumis ses propres clés, son corps, son-sens, son « ontophonie »: Luca, c’est l’auscultation obsessionnelle et féroce de la langue qui bute et qui accouche du sens. Par apparitions.

Pourquoi s’acharne-t’on à l’affubler de ces situations insipides, cet espace gratuit, ces visages idiots? grammaire manquée.

théâtre subventionné. 

Allez le relire plutôt,  l’entendre.

lui rendre justice

ici sa voix  http://www.youtube.com/watch?v=t0bnWBk0k_8

et là http://www.ubu.com/sound/luca.html

(pour en savoir plus: http://www.jose-corti.fr/auteursfrancais/luca.html)

Aline Carpentier

Que se passe t-il avec la vieille et la bête ?

 

 Que se passe t-il avec la vieille et la bête ?

 

Il y a d’abord cet étrange mélange de grâce et de noirceur, ce cri déchirant de cet ancien corps dansant sans retenue « que reste t-il après la danse ? Dieu seul le sait » Dieu, c’est la fatalité du corps vieillissant, cet autre qui nous rappelle à notre animalité si humaine. Le si grand traumatisme de ce déchirement entre l’âme et le corps… Question de philosophe : Descartes nous montre que nos sensations peuvent parfois sembler si réelles dans l’atmosphère de coton du rêve. Eh bien Ilka nous emmène rêver sur nos vies et sur notre mort, elle la personnifie et la rend prisonnière en haut d’un arbre. Elle le choisit pommier, arbre fruitier maudit entre tout autre, fruit de la connaissance, elle le fait distribuer allégrement par son acolyte Simone Decloedt. Et, puis Ilka accouche d’elle-même, de sa propre bête. On ne compte plus les moments où l’on ne sait plus si c’est la marionnette qui se meut sur scène ou elle-même. Saisissante frontière instable perméable… D’une joie, on passe à une mélancolie mais, toujours avec le sourire grâce à Alexandra Lupidi, qui par sa luminosité devient notre repère. On ressort autrement de ce spectacle et grâce à ce duo, on en sort bien, un plus aguerrie face à notre destinée (petit « d »), un peu plus humble aussi.

 Céline HUOT

Au Théâtre de la Commune

Petite salle, du 27 novembre au 17 décembre

La Vieille et la bête

conception Ilka Schönbeinavec Ilka Schönbein, Alexandra Lupidi musicienne, Simone Decloedt régie générale et Anja Schimanski régie lumières

 

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