Le Communiqué

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Incompréhension jour 1.

De ce qui avait été commis : JOUR1D

« Des voyageurs en partance, 

….

un berger de laine, 

….

des êtres à l’abandon

…. »

Description, l’attente

Ainsi, par les chemins, je me souviens d’un cheminement de six voyageurs dans l’inconnu, avec pour seul arme, pour chacun, une valise remplie de nos vies. Chaque objet choisi avec soin pour ce voyage au long court.

Dans la mienne : un globe terrestre en mousse (de peur de me perdre peut-être) ; des billes, mes larmes donc ; les cailloux du petit poucet pour toujours retrouver quelque chose de nos origines même dans la forêt obscure de nos existences en devenir ; des cartes, des présages poétiques ; un châle indien habillant dans un autre lieu la Baba yaga ; mes chaussures de flamenco et ma jupe de noir vêtue, un livre de poésie d’Amour (toujours).

D’une bienveillance, il nous avait été soufflé de garder un mantra, « des paroles dans le vide », pour nous guider et nous accompagner sur ces routes. Ces mantras ; des fragments d’Héraclite :

« Nous entrons et nous n’entrons pas dans le même fleuve. Nous sommes et nous ne sommes pas. » Héraclite

« Le soleil a la grandeur d’un pied humain » Héraclite

« Un âne choisirait des chardons plutôt que de l’or » Héraclite

« Tout ce que nous voyons éveillés est mort, tout ce que nous voyons endormis est sommeil »Héraclite

« La mort pour les âmes est devenir eau. La mort pour l’eau est devenir terre. De la terre naît l’eau, et de l’eau naît l’âme. » Héraclite

« Les porcs se lavent avec le fumier, les oiseaux avec la poussière et la cendre. » Héraclite

JOUR1C

« Le temps est un enfant qui joue au trictrac. Ce royaume est celui d’un enfant. » Héraclite

« Pour ceux qui sont éveillés, il n’y a qu’un seul et même monde. » Héraclite

« On ne peut pas se baigner deux fois dans le même fleuve. Toutes choses se répandent et de nouveau se contractent, s’approchent et s’éloignent. » Héraclite

« La nature aime à être cachée. » Héraclite

 Philosophe présocratique, longtemps incompris, voir décrié car sa pensée bousculait déjà le rationnel qui ne peut aller au cœur de qu’est peut-être la philosophie, au sens Métaphysique du terme.

« « La philosophie d’Héraclite se présente à nous avec l’aspect majestueux des ruines, mais les ruines ne sont pas seulement les tristes restes d’un édifice que le temps a détruit, elles sont aussi et surtout ce qui défie le temps et le voit passer, comme le spectateur demeurant sur la rive regarde les eaux du fleuve qui s’écoule. […]

Philosophie du combat et de l’harmonie, philosophie du Devenir et de l’Éternel Retour, philosophie de la vie et de la catastrophe, philosophie du Logos qui parle et du chiffre scellé, la pensée d’Héraclite, à la fois très ancienne et actuelle, contient en elle davantage que ce qu’elle circonscrit. C’est qu’elle est, à sa manière, une philosophie de la limite et du seuil qui nous fait accéder à ce devant quoi elle s’arrête. »

JEAN BRUN, Héraclite ou le philosophe de l’éternel retour, Paris, Seghers, 1965, Coll. « Philosophes de tous les temps » #17, pp. 19, 70.

Ce que j’ai vu dans l’attente du faire et installée dans l’être

 Ainsi, de plusieurs couches de vêtement recouvert, et d’un fichu nouant mes cheveux. J’ai croisé, sur ces berges, adossé à un buisson en fleurs, des regards, des regards fuyants qui n’osaient pas me regarder, que voyaient-ils une femme de voyage, une Rom, une personne perdue, peut-être un peu folle, qui sait. J’ai également surpris des regards haineux, méprisants.

Des fesses se sont découvertes, un bébé m’a souri, un homme m’a marché sur les pieds fier, un autre a récité avec moi lentement et savamment « Le temps est un enfant qui joue au tric trac ;  ce royaume est celui d’un enfant », une autre a hésité à s’asseoir à mes côtés, deux femme sont passées, se sont retournées, et me défiant (enfin, le croyaient-elles) : « il y a vraiment des Roms partout, ils auraient pu faire un effort pour le Festival », puis s’en sont allées voir les Pestacles « viens voir les …, voir les …, qui … » et le joli Festival de l’Oh.

jour1Un homme en noir, d’une présence d’ailleurs, berceau en main, a répété mon psaume (un psaume est un texte poétique, ψαλμός (psalmos) désigne un air joué sur le psaltérion) et l’a conté à son canard gonflable en plastique tout bas, je ne distinguais que certaines syllabes, et le courant de la Marne.

Et puis soudain, un berger, laine de mouton sur le dos est venu. De son tambour, il battait nos cœurs et nous appelait au voyage. Je me suis alors dressée, apaisée et peut être même heureuse, qui sait.

Voilà le Réel réel et poétique que j’interroge pour comprendre sans toujours aucune réponse de la part du festival de l’Oh pour ce dégagement en règle.

Qu’ont-ils interdit ici : les gens du voyage, une attente, Héraclite, un berge, une litanie, des regards ? Des vêtements, un fichu ?, une valise bringuebalante ?,….

A vous,

Céline Huot

Liens d’actualité

http://www.leparisien.fr/diaporama/en-images-paris-evacuation-a-l-aube-des-migrants-de-la-chapelle-02-06-2015-4825609.php

http://www.leparisien.fr/societe/migrants-18-000-clandestins-interceptes-pres-de-calais-depuis-janvier-02-06-2015-4825147.php JOUR1B

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