COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Une machine à laver imaginaire
Des voyageurs en partance
le dit de l’amour
des valises
des draps
des livres
des plumes
un berger de laine
un tambour recyclable
des fils et pinces à linges
la maladie de la chair
le Petit Prince
un hublot de visages
le Petit Poucet
les larmes de Raiponce
une chevelure de noyée
un globe terrestre crevé
le fils d’Ulysse
un kamasutra voilé
des couinements de draps
un fantôme
Mimi Cracra
Eros
une sirène à l’envers
un nez perdu
des parfums retrouvés
une lavandière à la tâche
une esclave ménagère
une alarme
un rêve
un esprit dansant
un exode
un mur de 19 320 km de séparations
100 poèmes d’amour
des oreilles suspendues
le chant des marais
un drapeau de sang
des tâches de guerre
des seaux d’eau
une passe à poissons
des fils olfactifs
200 chaussures tombées du ciel
la maman des poissons
des voix citoyennes
un vol de papillons
des draps battus
un homme à poussette
une bouée en canard
un chariot de supermarché
un vendeur de lessive
un dessous de pont
des êtres à l’abandon
un distributeur d’argent sale
une blanchisserie de billets froissés
un strip tease de miroirs aux allouettes
une femme fontaine
une tournée générale de distributeur automatique d’eau
une savonnade collective
un douanier à tête de chien
un videur de bagages
un décollage aérien
une danse de valises
un tourbillon de bulles
un atterrissage martial
la découverte du feu
une métamorphose
Merlin l’enchanteur
le langage des arbres
une marche à l’envers
un dragon
un maître d’hôtel
une arête de poisson
un œil de verre
un lavage de linceul
une planche de salut

Tout ceci, initié par la rivière Marne, nous a été interdit par le Festival de L’Oh !

Voici ce que quelques uns n’ont pas voulu voir et ce que beaucoup d’autres par leur pouvoir ne
pourront plus voir. L’être de l’avoir n’aime pas se mouiller dans les lavoirs de l’être. Dommage que le Festival de L’Oh n’ait pas eu le pouvoir d’y plonger. Plaira-t-il autant qu’il a plu ?
Lo Schuh

COM UN POISON DANS L’OH !

Le Festival de L’Oh a invité le collectif Les Arts et Mouvants à investir le site de l’écluse de Maisons Alfort/Saint-Maurice à travers ses berges et sa passerelle sur un parcours de 1,4 km pour y présenter une proposition itinérante et performative intitulée Ô ! L’ÔDYSSEE DU XXI° CYCLE définie comme « un opéra mobile ur’bain en lavoirs de l’être ».
Comme convenu préalablement avec la direction du Festival nous avons élaboré in situ en quelques jours une partition vivante à dimension poétique et politique où nous interrogions la condition humaine à partir du langage de la machine à laver les traces, la crasse, les cerveaux, l’argent sale, les tissus de la mémoire, le sang des drapeaux, les doudous d’enfance, les draps de nuit, les voiles de jour, les passages et repassages, les mythes, …

D’une rive à l’autre, sous forme de performance déambulatoire, nous avons tenté, dans de multiples étapes allégoriques:
– d’exprimer les travers de ce monde en questionnant la norme folle et les frontières
– de nous débarrasser de nos oripeaux pour engager un envol sur la passerelle qui relie Maisons Alfort à Saint-Maurice.
– d’atterrir dans un monde rêvé, purifié, idéalisé, organique et sensoriel où nous faisions alors peau neuve.
– et naitre à un autre langage, en d’autres mouvements où nos organes faisaient corps avec mère Nature.

C’est ce que nous a inspiré ce site dès le premier repérage avec l’eau de la Marne, porteuse d’une mémoire antique, et courant dans le monde actuel industriel….
Nous avons habité le temps et l’espace pour faire corps avec ce site ; développant et convoquant tous les sens comme tous les éléments dans une interaction avec le public.

Cette « invitation au voyage « s’est en effet déroulée sur un parcours de plus d’un kilomètre, où nous
nous sommes mélangés, frottés, aspergés, froissés… et nous en sommes ressortis lessivés !

19320 km de murs séparent les peuples à travers le monde.
Aujourd’hui un nouveau mur s’est dressé : « Vous ne jouez pas demain ! »

Sentence adressée au coucher du soleil de ce samedi 30 mai par l’organisation du festival de l’Oh !
Aucune raison n’est donnée. La censure se cache derrière un ‘tout un tas de raisons’. Lesquelles ?
Notre parcours poétique et politique empêcherait la déambulation des passants venant voir la Marne, fleuve martyrisé et lui-même censuré par l’autoroute des roulants allant vers…
« Ô source perdue qui ne pouvez plus fleurir !» écrivait Louisa Paulin il y a un siècle. Aujourd’hui notre chœur –cœur commun- construit au fil des mois à rêver ce moment, pleure « Ô humains perdus qui ne pouvez plus voir ».
Vite, vite, dépêchez-vous, il est grand temps de ne pas obéir au diktat des puissants portant le monde aveuglément.

Marcel Aurange , Mauro Basilio, Francesco Betti, Sophie Blet, François Ecot, Fabien Gaillard, Philippe Guinet, Céline Huot, Adèle Le Roux, Eléonore Melchio, Hélène Milan, Laurence Murat, Nawel Oulad, Cécile Pantelleria, Boun Sy, Laurent Schuh, Litana Soledad, Ludivine Thomas

Pour le Collectif Les Arts et Mouvants
Le 31 mai 2015

CONTACTS :

Laurent Schuh Directeur artistique : 06 60 88 53 05 – contact@lesartsetmouvants.com
Litana Soledad co-directrice : 06 20 38 54 72 – prod@lesartsetmouvants.comimg2 img1img2

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