« Cette première vidéo part du contresens induit par le préfixe “post”. Faudrait-il plutôt parler de “métacolonial” – sur le modèle de métaphysique –, à propos de cette appréhension du savoir (épistémologie) ? Parce qu’il s’agit bien d’une « remise en cause dans la manière de raisonner » (Mamadou Diouf). L’Orientalisme. L’Orient créé par l’Occident, publié en anglais (1978) par Edward Saïd (1935-2003) marque une rupture. Aujourd’hui, comme le note Emmanuelle Saada, la France s’entiche de ce label des études post-coloniales, alors qu’elles semblent s’essouffler dans la sphère culturelle anglo-saxonne…
Pour aborder ce phénomène de reconceptualisation que sont les études post-coloniales, sont réunis quatre universitaires de haut vol. Emmanuelle Saada, historienne et sociologue à la lumière du droit, est spécialiste de la colonisation et de l’empire français, professeure à l’université Columbia (New York). Elle a publié un maître livre : Les enfants de la colonie. Les métis de l’Empire français entre sujétion et citoyenneté (La Découverte, 2007). Souleymane Bachir Diagne, philosophe né au Sénégal, normalien, également professeur à Columbia, auteur de Bergson dans les colonies (CNRS-Éditions, 2011). Mamadou Diouf, lui aussi professeur à Columbia. Jean-François Bayart, ancien directeur du Ceri (Centre d’études et de recherches internationales) de Science-Po, blogueur à Mediapart, auteur d’un livre polémique sur le boomerang post-colonial en France : Les études postcoloniales, un carnaval académique (Karhala, 2010).
Entretien mené pour Mediapart et le Centre d’histoire sociale du XXe siècle (Paris I-CNRS) par Antoine Perraud. »

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