arendtDE LA BANALITE DU MAL CHEZ HANNAH ARENDT par Julien Rajaoson

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Le fait totalitaire désigne une forme de domination différente de ce que l’on avait connu sous le nom de tyrannie ou de despotisme. Si nous devons à Montesquieu l’analyse du despotisme comme gouvernement sans lois, le totalitarisme ne correspond en rien à cette définition : la domination exercée par Hitler n’a jamais été plus grande que lorsque, ayant écrasé toutes formes d’oppositions, il n’eût plus d’ennemis à redouter. Le projet spécifique au totalitarisme ne se résume pas seulement à une domination de la société civile par un pouvoir arbitraire, il consiste également à soumettre la raison pratique et l’humanité toute entière à l’emprise de l’historicisme et de ses lois implacables. Actuellement, ce type de régime a disparu au profit des Etats libéraux et s’il y avait eu une quelconque corrélation entre le totalitarisme et l’idée du Mal, comment expliquer que le Mal puisse encore exister aujourd’hui ? Le totalitarisme a-t-il fait autre chose que de rendre le Mal plus visible ? Le Mal existait-il avant l’apparition de ce nouveau genre de régime politique ? On est alors en droit de se demander sous quelle forme l’idée de « banalité du Mal », qui fut présente au cœur du système totalitaire, soit susceptible d’apparaitre à notre époque ? »

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