Je replonge dans ma solitude, foin des voisins, des assassinés et des flics. Les chats pissent, les chiens aussi. Je peine à écrire cette pièce pour le Noël de mon aînée.

Je marche le long des grèves et mange avec ma mère une fois par semaine. La vie va.

Ma fille cadette passe ses fins de semaine d’étudiante chez moi, elle travaille sur sa » biocel », nous mangeons.nous marchons le long des grèves, je la raccompagne au train le dimanche soir et revient seule, dans la nuit vers mes compagnons.

Ma fille aînée me téléphone tous les jours, souvent au moment des repas ce qui fait que j’ai l’impression de ne pas manger seule un repas sur deux. Sinon y a le JT, c’est moins passionnant mais ça tient compagnie cette idée que nous sommes des millions à partager la messe en bouffant. Le direct , j’ai toujours aimé ça, la communion des esprits.

Je rentre de chez ma mère, avec un brin de thym dans la poche, je trimbale ce parfum de garrigues pour ne pas oublier d’où je viens, l’exil n’est pas fini. Pourtant je suis revenue.

Il y a ces voix d’avant, il y a ces odeurs des rues, des chemins, des vignes, il y a le soleil et les pluies torrentielles, le vent, il y a tout mais il n’y a plus mon père, mes grands parents, mon oncle Jean.

Il y a des tombes aux pieds desquelles j’attends des signes de vie et tente de faire taire mes pensées.Je suis de retour.

Ma mère survit, seule. Je la rejoins dans ces habitudes : nous mangeons, nous commentons le JT, je repars vers ma solitude l’abandonnant à la sienne, tristes toutes deux, émues d’avoir retrouvé l’ancienne complicité de mon enfance, complices au gré des lumières reconnues sur les coins de table, dans la moiteur de la véranda, les lumières d’avant les morts.

L’enfance était tendre.

L’enfance de l’enfant seule avec quatre adultes, elle était terrible!

« Terrible comme les chats » commente ma chienne.

« ouais »

Ma chienne qui, seule au départ, a toléré l’arrivée des chats, quatre, et du chien, s’empresse de me rappeler souvent que » les chats sont des êtres abominables. »

Je ne sais quoi lui répondre, je change de conversation : « Ouais »

Ce jour là il ne se passa pas grand chose de neuf, enfin, rien.

Le soir non plus : l’horizon a blêmi au matin, le soir a noirci la profondeur des eaux.

J’ai eu faim, soif, sommeil.

J’ai peu parlé, peu souri, peu ri.

J’ai grimpé sur la colline et fumé quelques clopes inutiles.

Vivement les infos!

via(1) le rire des mouettes épisode 8.

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